Quel beau millésime ! Nous n’allons pas bouder notre plaisir. Pour l’amateur de gamay fin, la seule difficulté sera d’identifier son propre désir, ses envies, devant la variété des styles de vinification et d’élevage (de la gourmandise fruité immédiate aux gamays de garde) qu’offrent les producteurs du cru Fleurie. Antoine Gerbelle hierarchise les siens, heureux comme un enfant dans un magasin de jouets.
Durée de la vidéo : 12 mn 22
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DEGUSTATION FLEURIE 2022 / 30 échantillons
Synthèse de la dégustation : De belles robes, profondes, brillantes, denses, tirant sur la quetsche. Les nez sont souvent frais, révélant le supplément aromatique du gamay sur les granits. La sensation d’ensemble à propos des bouches se résume par une chair riche avec une étonnante acidité. Usuelle sur les territoires granitiques, cette acidité est amplifiée par l’effet millésime. L’acidité des 2022 apporte dans les meilleurs vins, récoltés à la période optimale, une énergie qui complète superbement un haut niveau de sucres (rares sont les vins qui titrent moins de 13 / 13,5 % vol). Cette acidité est parfois aussi exacerbée du fait de vendanges précoces (déclenchées par crainte d’être débordé par la richesse en alcool, comme en 2020). Elle laisse alors la trace d’un déséquilibre dans la finale, une pointe de dureté et potentiellement des tanins qui pourront assécher à terme.
Quand les boires ? Ce genre de millésime coche toutes les cases car ils se dégustent déjà avec gourmandise et s’abonniront plus de 10 ans et parfois au delà. La mention « Garde » accompagne alors le commentaire de dégustation.
Remarque : La Madonne, en tête de proue. Une surreprésentation de ce secteur dans notre dégustation, identifiable par l’intensité aromatique plus marquée des vins, l’épaisseur de leur texture minérale et fraiche.
Terroir : Le vignoble de Fleurie se situe entre les crus de Chiroubles et Morgon, sur des coteaux très pentus et escarpés dû à la présence de granite. Altitude 340 mètres. Son terroir bénéficie d’un climat semi-continental à influences océanique et méditerranéenne et de sols granitiques roses (90%), argileux, sableux et argilo-sableux.
NOTRE SELECTION
REMARQUABLES
Domaine Bertrand Les Déduits. Bio certifié. Très élégant, vraie finesse, ce Fleurie exprime les nuances sableuses du granit. Dans le vocabulaire géo-sensoriel, c’est une sensation tactile, que l’on ressent dans les tanins, leur granulosité sur la langue, avec un éclat pur et naturelle du fuit en finale. De la classe, sans vouloir impressionner. Garde. 16,50 €
Domaine Lathuilière-Gravallon La Madone. Très beaux arômes avec des nuances naturelles boisée. De la retenue, de la fraicheur, une délicate pureté. Incarne parfaitement cette part de la fraicheur délicate du cru. 13 €
Jean-Paul Brun – Domaine des Terres Dorées. Une richesse aromatique intense qui déploie une palette fruitée plus étendue que la moyenne ; à l’agitation du verre cette bombe de fruit est encore plus explosive. En bouche, on ne passe pas à côté d’une matière exprimant la haute richesse en sucre du millésime mais avec une retenue, une pointe de rigidité, dans la finale. Env. 18 €
Maison Georges Dubœuf La Madone. Notes poivrées intenses, remarquable texture de bouche. Un gamay plein et frais, un vrai cru. Moins lourd que jadis, moins « collant » au palais. Plus d’éclat dans la finale. Un renaissance avec le retour de l’expression plus fine et précise du raisin. Garde.
Famille Chasselay III. (Avant mise en bouteille) Bio. De prime abord, cet assemblage de parcelles de vignes provenant de 3 climats : « La Levratière », « La Chapelle des Bois » et « Champagne » évoque davantage les très bons beaujolais villages par sa fluidité, son coulant, son extraction douce. Puis cette gourmandise persiste, s’allonge avec avec beaucoup de finesse. Env. 23 €
TRES BONS
Château de Corcelles Poncié. Pourpre, encore fermentaire eu nez, en bouche aussi. Texture entière, croquante, au fruit mise en avant par une macération à froid. Ça «cassis » un peu fort mais c’est cela reste chic.
Guillaume Chanudet Le Juice. Robe brillante, nez vif, de belle acidité; bouche droite, franche, solide, granuleuse, avec de la matière, tout en restant désaltérante. Dommage que la réduction rend son approche réserver aux initiés. A aérer.
Sylvain Paturaux Domaine des deux fontaines La Madone. (Avant mis en bouteille). L’intensité aromatique monte d’un cran dans la puissanse vineuse (14%), ce que confirme une bouche, solide, gaillarde, de garde. Garde.
Dominique et Rémy Passot (Avant mise en bouteille) Une maturité plus attendue, poussée donne le premier rôle aux fruits rouges très murs. Le tout est doté d’une honnorable persistance et d’une chair gourmande, avec une pointe de sucrosité. 12 €
BONS
Domaine de la Madone La Madone. Très intense, c’est un gamay de caractère, complet, au sens de pain « complet ». On y trouve le raisin avec toute sa part de végétal qui apporte de la fraîcheur mais aussi sa rusticité. Garde. 12 €
Maison Georges Dubœuf La Roilette. Une matière lisse, étirée, avec une persistance supérieure des saveurs. Une vraie signature de cru. Son côté très « pinot », ce côté cerise, est troublant. A l’aveugle, nous pourrions partir du coté de Beaune. A Savigny-les-Beaune précisément.
Maison Jambon La joie du palais. Drôle de nom, celui d’un climat méconnu de Fleurie, pour un gamay charnu, plus rond que la moyenne, avec une jolie fraîcheur. Du travail bien fait. 13,80 €
Château de Raousset Grille-Midi. Intéressant pour saisir le côté solaire de ce secteur, parfois à la limite du stress. L’extraction assez appuyée grossie ici ce trait. Garde. 14,30 €

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