L’instructif piège du Petit Verdot à Château Meyney
Seul le Chateau Meyney (Saint-Estèphe) possède les ressources pour organiser une telle dégustation : chercher à distinguer (à l’aveugle) son grand vin d’une partie de son assemblage issue de ce rare, enigmatique et épicé cépage Petit Verdot. Antoine Gerbelle s’est bien planté mais a beaucoup appris. Il raconte.
» Dans une ancienne édition du Larousse des vins, au chapitre de Bordeaux, le Petit Verdot est défini comme « un cépage tardif qui n’atteint que très rarement sa pleine maturité donnant aux assemblages un apport en acidité dans les années mûres »
Aujourd’hui cette définition paraît bien obsolète. Correspondrait-elle davantage à une méthode culturale inadéquate, de mauvais choix de matériel végétal, de porte-greffes et des zones de plantations non adaptées qui ont mis hâtivement au second plan ce cépage pourtant si expressif et singulier ?
Convives avant le lancement de la dégustation
» Au Château Meyney, les Petit Verdot participent depuis de longues décennies aux fondements de son histoire; une histoire inscrite dans ses archives depuis au moins un siècle et qui remonte à l’époque de la famille Cordier.
Désiré Cordier, devient propriétaire du domaine de Meyney en 1919, après avoir acquis à Saint-Julien les Châteaux Gruaud-Larose et Talbot. Séduit par le caractère épicé, frais et équilibrant du Petit Verdot, c’est sur le terroir de Meyney qu’il choisit d’en planter la plus importante surface, en particulier sur nos sols profonds.
Présentation des vins de la dégustation sur la péniche Ducasse (Paris 16)
Aujourd’hui, encore et toujours, ces Petit Verdot demeurent et signent l’assemblage du Château Meyney. Depuis plus de 80 ans, ils représentent 10 à 20 % de l’assemblage du grands vins.
Meyney n’a pas attendu le retour en force de ce cépage – désormais vanté pour apporter de la fraîcheur à des assemblages que les montées en pH et en alcool liées au dérèglement climatique impulsent – pour en faire l’un des piliers de l’assemblage de ses vins. Par vision ou par chance, la propriété peut s’enorgueillir de n’avoir pas planté de clone 400, première sélection clonale du Petit Verdot réalisée dans les années 70 et à qui l’on doit sans doute le désamour de ce cépage des années 80 à 2000, mais d’avoir conservé un patrimoine génétique d’individus variés issus de sélections massales des années 50 réalisées au Château Gruaud-Larose et à Meyney. «
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